Schéma de données des refuges climatiques

Dans le cadre du partenariat ADEME/OpenDataFrance, nous avons entamé un travail sur 4 schémas de données, dont un concerne les refuges climatiques.

Contexte

Le schéma de données sur les refuges climatiques permettra de standardiser la publication de données liées aux lieux frais à disposition du public en période de forte chaleur.

Les épisodes de canicule se multiplient et s’intensifient sous l’effet du changement climatique. Selon Météo France, en France, leur fréquence a doublé depuis les années 1980, et les projections climatiques anticipent des étés de plus en plus chauds et des vagues de chaleur de plus en plus longues d’ici 2050. Ce phénomène est particulièrement préoccupant en milieu urbain : en ville, l’air est en moyenne 2 à 3 °C plus chaud qu’à la campagne en raison du phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU) : la minéralisation des sols, la densité du bâti et la faible végétation font que les villes accumulent la chaleur et se refroidissent moins la nuit, exposant davantage leurs habitants — en particulier les plus vulnérables (personnes âgées, nourrissons, personnes souffrant de pathologies chroniques). (voir notamment le rapport “Rafraichir les villes” et la documentation produite par le service numérique de l’ADEME Plus fraiche ma ville)

En milieu urbain, il existe des “refuges climatiques” : des espaces climatisés ou naturellement frais (bibliothèques, gymnases, parcs, bâtiments municipaux…). Mais ces lieux restent peu visibles, et les données les concernant sont difficiles à agréger à une échelle territoire supra-communale (intercommunalité, région ou nationale) faute de modèle de données commun. Les informations disponibles en open data sont hétérogènes dans leur structure, leur niveau de détail et leur mise à jour, ce qui limite leur utilisation par les services de l’État, les acteurs de la santé publique et les citoyens eux-mêmes.

Standardiser ces données permettra notamment aux collectivités de publier des informations comparables et réutilisables, aux développeurs de les intégrer plus facilement dans leurs services et applications, et in fine au public (surtout fragile) de trouver plus facilement un refuge lors d’un épisode caniculaire. Cet enjeu de standardisation paraît urgent : la fréquence accrue des canicules en fait d’ores et déjà un enjeu de santé publique (identifié par exemple par Santé Publique France) qui pourrait devenir une question de survie dans une France connaissant des températures de 50°C.

Besoins/cas d’usage

Lors d’un atelier portant sur la priorisation de cas d’usage (le 27 janvier 2026 – support ici) trois cas d’usages prioritaires ont été identifiés :

  • Identifier les espaces de repli à proximité des populations vulnérables
  • Lutter contre la chaleur en ville par des aménagements ciblés
  • Piloter et évaluer des politiques publiques

Dans les jeux de données publiés en open data, ces groupes de champs sont récurrents (et donc une base pour le futur choix des champs du schéma) :

  • identification
  • informations générales
  • localisation
  • accessibilité
  • confort thermique
  • services/équipements
  • typologie de lieu
  • contact

Stade d’avancement

En investigation

L’ADEME et Open Data France travaillent à structurer un socle commun de données territoriales, axé dans un premier temps sur les données de la transition écologique. Cette initiative s’inscrit dans un partenariat stratégique pour faire de la donnée un levier essentiel pour le développement des politiques publiques locales de transition écologique.

Dans ce cadre, une consultation a été organisée en ligne d’octobre à décembre 2025, afin d’identifier les thématiques prioritaires pouvant faire l’objet d’un travail de standardisation.

En parallèle, des échanges bilatéraux avec des collectivités (communes, intercommunalités, régions) ont permis de confirmer l’intérêt pour les sujets identifiés lors de la consultation, et l’existence de patrimoines de données en interne.

Cette phase consultative a été complétée par un atelier en ligne ouvert (2 décembre 2025), lors duquel les participants ont confirmé leur souhait de travailler à standardiser des jeux de données entrant dans ces grandes thématiques : ressources, climat et adaptation, santé, biodiversité. Support de l’atelier ici

Au sein de celles-ci, un grand nombre de jeux de données existe. En plus des suggestions des participants à cet atelier, nous avons pris en compte l’avis d’experts métier de l’ADEME, ayant une bonne connaissance des données existantes et des attentes en matière de réutilisation. Cela a permis d’affiner les grandes thématiques et de retenir quatre jeux de données :

  • arbres urbains
  • rénovation énergétique des bâtiments
  • refuges climatiques en période de canicule
  • réemploi des déchets